Lu dans Le Marin, le 18/09/2018 : Barillec Marine, La propulsion électrique sur mesure

Interface fondamentale entre le constructeur, l’armateur et le fournisseur de composants électriques, Barillec Marine est devenu un spécialiste de référence dans l’intégration de systèmes de propulsion, de production et de conversion de l’énergie électrique. La société, née à Concarneau en 1957, a su évoluer en même temps que les technologies et propose des applications innovantes pour répondre aux enjeux énergétiques et environnementaux et permettre aux armateurs de rester dans la course en s’adaptant en permanence. « La conversion et le stockage de l’énergie, c’est un métier à part entière, un métier de spécialiste. » Maurice Buttet sait que Barillec Marine, l’entreprise qu’il dirige, sert d’interface entre le monde des constructeurs de navires et celui des exploitants. « L’approche d’un armateur qui construit un navire, c’est avant tout l’expression d’un besoin adapté à l’exploitation qu’il veut faire de son navire. Notre métier est de proposer, en association avec les constructeurs, les solutions qui répondent parfaitement à ce besoin. Barillec n’est pas un fabricant de composants mais un intégrateur. Pour résumer, on ne cherche donc pas à « placer » des produits sur les navires de nos clients, mais à définir les installations les mieux adaptées à leur utilisation. »

18 Sep 2018

Des briques technologiques adaptées et adaptables

Le spécialiste de la propulsion électrique a développé et mis en œuvre des concepts types, sous formes de briques technologiques, que l’on peut agencer selon les besoins. Ces solutions fiables et éprouvées peuvent s’adapter aux navires de 30 à 150 mètres de long – le cœur du marché de l’entreprise -, de leur conception à leur maintenance tout au long de leur exploitation. Barillec a d’ailleurs participé l’année dernière au refit du Thalassa, navire océanographique de l’Ifremer. Lors de sa construction, au début des années 1990, c’est le premier navire à propulsion électrique sur lequel le spécialiste était intervenu.

« Une des premières questions à se poser, quand on commence à réfléchir à la propulsion d’un navire, c’est : pourquoi une propulsion électrique plutôt que classique ? C’est fondamental », assure Maurice Buttet. Et cela dépend de l’utilisation que l’armateur souhaite faire de son navire. « La propulsion électrique a un intérêt quand les contraintes d’exploitation nécessitent des variations importantes du régime de propulsion. Dans un système hybride de série, le moteur thermique produit de l’électricité pour entraîner le moteur électrique puis l’hélice, avec des pertes supplémentaires par rapport à une propulsion classique diesel. Ces pertes ne seront pas compensées si les besoins d’exploitation ne nécessitent pas de variations notables de puissance. »

En ajoutant des systèmes de stockage d’énergie électrique (batterie ou super-capacité), on peut également lisser la charge et ainsi optimiser le dimensionnement de la puissance thermique installée. Pour cerner au mieux les besoins, Barillec propose de réaliser un bilan énergétique des navires existants. Les enregistrements de puissance sur un cycle d’exploitation sont une aide précieuse aux choix des solutions. « On instrumente ce qui peut l’être, comme l’arbre d’hélice, et on trace une courbe de puissance dans le temps, pour la traduire ensuite en consommation de carburant. C’est ce qui doit servir de base à toute évolution. »

Toutes les innovations possibles

Ces réflexions sont à mener au cas par cas, lorsqu’un chalutier fait évoluer ses méthodes de pêche ou qu’un navire à passagers change de desserte, par exemple. Barillec a développé Varshaft, un concept qui permet de réaliser jusqu’à 20 % d’économie de carburant grâce à un réseau électrique efficace et stable quel que soit le régime du moteur propulsif. Le moteur thermique fonctionne ainsi toujours à son meilleur rendement, ce qui garantit ce gain de consommation et réduit les émissions de manière significative. « La réduction des émissions de CO2, de gaz polluant, des impacts sur l’environnement et celle de la consommation énergétique sont un impératif et un enjeu majeur aujourd’hui, souligne Maurice Buttet. Il est urgent de proposer des solutions efficaces et faciles à mettre en œuvre, c’est indispensable pour nos clients. C’est pour ça que nous travaillons énormément avec les constructeurs et que nous sommes à l’affût de toutes les innovations possibles en la matière. » Barillec consacre entre 5 % et 10 % de son chiffre d’affaires à la recherche et au développement, notamment sur l’optimisation de la maintenance préventive.

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